Nuit d'hötel
La suite de l’hôtel baignait dans une lumière dorée très douce, celle des deux lampes de chevet aux abat-jour de tissu épais. L’air était tiède, légèrement chargé du parfum boisé du champagne qui avait tiédi dans les flûtes et de l’odeur musquée, intime, de leurs deux corps qui s’étaient déjà frôlés toute la soirée.Ils se tenaient debout, peignoirs entrouverts. Le baiser était profond, humide, presque animal. Leurs lèvres se pressaient fort, se suçaient, se mordillaient. Les langues glissaient l’une contre l’autre, chaudes, salées, se caressant avec une lenteur gourmande. Le plus petit laissa échapper un grognement sourd quand il sentit la main ridée de son compagnon glisser sous son peignoir bleu uni, paume large et chaude qui effleura d’abord son ventre mou, puis descendit pour empoigner fermement une fesse, la pétrissant avec force. La peau était douce, un peu lâche, encore humide de la douche.Le plus grand répondit en plaquant son bassin contre lui. Leurs sexes déjà durs se frottèrent à travers le tissu éponge, provoquant une friction chaude et électrique qui leur arracha à tous les deux un soupir rauque. L’odeur de leur excitation commençait à monter, discrète mais entêtante, se mêlant à celle de leur savon et de leur sueur naissante.Ils laissèrent tomber les peignoirs. Le tissu lourd glissa sur leurs épaules avec un bruit doux et tomba à leurs pieds. Nus, ils se pressèrent l’un contre l’autre. Peaux chaudes, légèrement moites. Poils blancs et gris qui se frottaient. Ventres ronds qui se touchaient. Le plus grand sentait le cœur de son amant battre fort contre sa poitrine. Il glissa une cuisse entre les siennes, frottant lentement son sexe dur et brûlant contre la hanche de l’autre, laissant une traînée humide de liquide pré-séminal sur sa peau.— Putain… tu me fais bander comme quand on avait trente ans, murmura le plus petit d’une voix cassée.Ils basculèrent sur le lit. Les draps étaient frais et doux contre leurs dos brûlants. Le plus grand s’installa entre les cuisses écartées de son compagnon et reprit sa bouche avec avidité. Leurs baisers étaient mouillés, bruyants, pleins de salive. Il descendit ensuite : lèvres sur le cou, suçant la peau fine jusqu’à laisser une marque rouge ; langue qui tourne autour d’un téton durci, le mordillant doucement ; puis plus bas, le ventre, l’aine, jusqu’à prendre enfin le sexe gonflé dans sa bouche chaude et humide.Le goût était légèrement salé, familier, excitant. Il le suça lentement, profondément, langue pressée contre la veine qui palpitait, aspirant le liquide qui perlait au bout. Le plus petit gémissait sans retenue, un son grave et tremblant qui emplissait la chambre. Ses doigts s’enfonçaient dans les cheveux blancs de son amant, tirant légèrement quand le plaisir devenait trop intense.Des doigts lubrifiés par leur propre salive glissèrent entre les fesses. Ils trouvèrent l’entrée déjà chaude et frémissante, la caressèrent en cercles lents, puis pénétrèrent doucement, un doigt, puis deux, étirant, massant la prostate avec une précision née de longues années de connaissance mutuelle. Chaque mouvement provoquait un spasme et un nouveau gémissement rauque.Quand le plus grand entra enfin en lui, ce fut d’un long coup de reins lent et profond. La chaleur étroite et veloutée l’enveloppa complètement. Ils restèrent un instant immobiles, fronts collés, souffles mêlés, savourant la sensation d’être parfaitement emboîtés. Puis le mouvement commença : lent, puissant, charnel. La peau claquait doucement, humide de sueur. L’odeur de sexe emplissait maintenant toute la chambre. Chaque pénétration faisait remonter un bruit humide, obscène et délicieux.Le plus petit avait les jambes nouées haut autour des reins de son amant, les talons enfoncés dans ses fesses, le suppliant silencieusement d’aller plus profond. Leurs ventres frottaient l’un contre l’autre, glissants de sueur et de liquide pré-séminal. Les gémissements devinrent plus forts, plus saccadés. Les doigts s’enfonçaient dans la chair, laissant des marques rouges.L’orgasme monta comme une vague brûlante. Le plus petit jouit le premier, le corps arqué, un cri rauque et long sortant de sa gorge tandis que son sexe pulsait violemment entre leurs ventres, projetant des jets chauds et épais qui se répandaient sur sa peau et celle de son compagnon. Les contractions de son anus autour du sexe qui le remplissait firent basculer l’autre presque aussitôt. Il s’enfonça une dernière fois jusqu’à la garde et jouit profondément à l’intérieur, longs spasmes puissants, grognant le prénom de son amant contre son cou.Ils restèrent longtemps unis, tremblants, essoufflés. La sueur coulait entre leurs corps collants. Le sperme chaud, à l’intérieur et à l’extérieur, créait une sensation gluante et intime. Des baisers paresseux, lents, continuaient de se poser sur les lèvres gonflées, le cou moite, les épaules.Le plus grand caressa doucement les cheveux blancs de son compagnon et murmura d’une voix éraillée :— Tu es encore plus serré quand tu jouis… j’adore ça.L’autre sourit, les yeux mi-clos, le souffle encore court, et répondit dans un souffle chaud contre son oreille :— Et toi… tu me remplis toujours aussi parfaitement.Ils dormirent ainsi, toujours imbriqués, peau contre peau, l’odeur de leur amour flottant dans la chambre comme un parfum précieux, avec la certitude que le désir reviendrait dès les premières lueurs de l’aube.
3 months ago