Au sauna avec mon ami

Pierre et Paul se connaissaient depuis plus de quarante ans. Ils s’étaient aimés en secret à une époque où il fallait cacher son désir, puis avaient vécu leur amour au grand jour quand le monde avait enfin commencé à accepter. Aujourd’hui, septuafénaires, ils continuaient de se désirer avec la même intensité, peut-être même plus douce, plus profonde.Ce samedi après-midi, Pierre avait eu une idée coquine.
« Viens, lui avait-il murmuré à l’oreille en lui mordillant le lobe. Je t’emmène au sauna. Celui qu’on aime… le gay, discret, avec les lumières tamisées et la chaleur qui fait transpirer les corps. »Paul avait souri, ce sourire un peu moqueur et tendre qu’il gardait toujours pour Pierre.
« À notre âge ? Tu veux vraiment qu’on nous voie comme ça ? »
« Justement, avait répondu Pierre en serrant sa main. Je veux qu’on nous voie. Je veux qu’on sache que même à nos âges, on continue de s’embrasser, de se toucher… de se désirer. »Ils étaient arrivés en fin d’après-midi. Le sauna était calme, presque vide. Quelques hommes plus jeunes les avaient regardés avec une curiosité respectueuse quand ils étaient entrés dans le vestiaire, deux vieillards encore beaux dans leurs corps marqués par le temps : Pierre avec ses cheveux blancs et ses petites lunettes, Paul plus chauve, le torse couvert de taches de vieillesse, mais toujours solide.Ils avaient enfilé leurs peignoirs — Pierre le bleu à carreaux qu’il adorait, Paul le bleu marine épais — et étaient descendus vers la zone chaude.La chaleur les avait enveloppés immédiatement. La sueur avait commencé à perler sur leur peau. Ils s’étaient installés dans un coin tranquille de la cabine principale, côte à côte sur le banc de bois brûlant. Très vite, les mains s’étaient cherchées. Pierre avait glissé sa main sous le peignoir de Paul, caressant lentement son torse moite, descendant vers son ventre, puis plus bas, jusqu’à sentir le tissu fin du slip noir que Paul portait en dessous.Paul avait fermé les yeux, un léger soupir s’échappant de ses lèvres.
« Tu es toujours aussi gourmand… » avait-il murmuré.Pierre s’était penché vers lui. Leurs fronts s’étaient touchés, puis leurs nez, et enfin leurs bouches. Le baiser avait commencé doucement, presque timide, comme s’ils redécouvraient le goût l’un de l’autre. Puis il s’était approfondi. Langues lentes, humides, chargées de désir accumulé. Les mains de Paul avaient entouré la taille de Pierre, l’attirant plus près. Le peignoir de Paul s’était entrouvert, révélant son torse nu et son slip noir tendu par une érection encore vigoureuse malgré les années.Autour d’eux, deux ou trois hommes les observaient discrètement, excités par la tendresse brute et l’évidente complicité sexuelle de ce vieux couple. Pierre et Paul s’en fichaient. Ils étaient dans leur bulle.Pierre avait fini par murmurer contre les lèvres de Paul :
« Viens… allons dans la cabine privée. J’ai envie de te sucer lentement, comme tu aimes. »Paul avait ri doucement, ce rire rauque et grave qui faisait toujours frissonner Pierre.
« Tu vas m'avoir un jour, toi… »Ils s’étaient levés, peignoirs entrouverts, mains dans la main, et avaient disparu vers les cabines plus intimes, laissant derrière eux l’odeur de leurs corps chauds et le souvenir d’un baiser qui semblait ne jamais devoir s’arrêter.
Published by gmsucer30
3 months ago
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